Entrevue avec Hubert Lemire et François Bernier

8 questions irrévérencieuses aux co-auteurs du NoShow Vancouver, Hubert Lemire et François Bernier

  • Avant d’être dans le NoShow, que faisiez-vous de bon?

Hubert Lemire : « On avait une compagnie qu’on a encore. On créait des prods et on était des acteurs pigistes aussi. On était de jeunes acteurs en début de carrière, avec un certain succès, mais on était surtout bourré de déceptions. »

François Bernier : « On n’avait pas assez de succès pour la gloire, mais assez de métier pour la désillusion. On voulait montrer au monde que faire un show sans argent, ça ne se pouvait pas. Finalement, c’est avec le show pas d’argent qu’on a fait beaucoup d’argent (rires). »

 

  • Quel est le plus grand fait inconnu de l’histoire du NoShow?

F.B. : « On le sait plus ou moins, mais on a vraiment fait du camping au théâtre. On a dormi au théâtre, on a fait venir un bloc sanitaire pour pouvoir aller aux toilettes dehors. Les hot-dogs sont apparus, car on se faisait à manger nous-mêmes sur un BBQ avant le show alors qu’on campait au théâtre.

 

  • La révolution pour vous, c’est quoi ?

H.L : « C’est marcher dans l’autre sens. Être game de marcher à contre-courant. »

 

  • Selon vous, le Noshow a eu du succès parce que…?

F.B. : « Ça ne ressemble à rien d’autre et parce que c’est adressé directement au public. »

H.L : « Parce qu’aucune représentation n’est la même d’un soir à l’autre. À Mexico, il y a un spectateur qui est venu voir le show 21 fois. Il y a vraiment des gens qui viennent 3 ou 4 fois voir le spectacle parce qu’ils apprennent que d’un soir à l’autre, ce n’est pas la même affaire. »

F.B. : « Aussi parce qu’il y a un échange réel entre les spectateurs et les acteurs et que très étrangement, ce n’est pas commun au théâtre. Même si c’est l’un des seuls arts où il y a une rencontre possible entre l’artiste et son contemporain. »

 

  • Décrivez votre parcours d’artiste en quelques phrases.

H.L. : « Je me destinais à être un acteur et avec les années, par survie, je suis devenu producteur et plus récemment, par intérêt et aussi par survie, j’ai commencé à écrire. »

F.B. : « Moi, je dirais que je suis un très grand gars gosseux et un grand patenteux, que ce soit pour fabriquer un sauna pour le chalet ou des sketches pour la télé, le théâtre ou le cinéma. J’aime toucher la matière. Je suis meilleur quand j’ai touché à la matière d’un bout à l’autre. »

 

  • Sans l’art dans votre vie, auriez-vous mal tourné?

H.L : « Absolument! Je pense que l’art adoucit. Il y a une expression qui dit que la musique adoucit les mœurs; je pense que l’art adoucit les êtres humains. Je serais moins empathique, moins ouvert et moins conscient. »

F.B. : « Sans l’art, j’ai l’impression que je mourrais plus con. »

 

  • Si vous étiez très riches, que feriez-vous pour aider vos amis artistes?

F.B. : « Je créerais un lieu de création à l’extérieur de la ville où on pourrait présenter des laboratoires toute l’année durant. »

H.L : « Je donnerais des bourses à des artistes pour qu’ils écrivent ce qu’ils n’ont jamais le temps d’écrire. »

 

  • Le NoShow vous rend fiers parce que…?

H.L. : « Parce que c’est parti d’une idée, d’un flash, qu’on n’a pas lâché le morceau pendant 3 ans et que cela nous a littéralement fait travailler dans 4 pays différents depuis la création. Ça nous a fait voir le monde. On a tout fait : on l’a développé, on l’a écrit, on l’a joué, on l’a produit et on l’a réécrit plusieurs fois. »

F.B. : « Ça me fait rendre compte que des fois, on touche à la cible. Au-delà de la grande reconnaissance qu’il y a eu à l’international, on a rêvé un show et il a trouvé une résonance. »

 

Le NoShow Vancouver sera présenté du 26 février au 1er mars 2020, à la salle Performance Works sur l’île Granville.

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