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Mot de Philippe Ducros, metteur en scène

Photo: David Ospina

Au fur et à mesure que la Terre tourne, une partie de sa population la devance, traversant frontières, débarquant en un ailleurs précaire qu’elle doit dorénavant appeler chez elle. On en parle beaucoup ces temps-ci. On crée des chartes, on cherche à dévoiler les différences, on scrute avec crainte l’inévitable métamorphose des sociétés d’accueils provoquée par l’arrivée de ces « migrants ». On oublie souvent, ou on préfère ignorer, que ces migrations découlent en grande partie directement des bouleversements que les sociétés occidentales ont provoqués et provoquent encore, aux époques du colonialisme, de la guerre froide, de la guerre contre le terrorisme et de la mondialisation.

Qui sont ces gens qui débarquent chez nous ? Que portent-ils en eux ? À travers Bibish de Kinshasa, nous vous invitons à découvrir ce qu’une d’entre elles transporte au cœur de ses valises. Comme chaque fois, c’est un monde qui s’y trouve, un univers complexe, composé de moments de vie enfouis à l’intérieur de soi.

Aujourd’hui, Bibish, Gisèle et Papy ont quitté leur « scandale minier » de pays, comme le nomme l‘auteure. Ils vivent maintenant ici, au Canada. J’espère que ce spectacle pourra confirmer, en eux autant qu’en nous, leur société d’accueil, le sentiment qu’ils sont ici chez eux et qu’ils font partie de ce « nous ». Je tiens à les remercier de tout cœur de leur confiance et de leur amitié.