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Entrevue avec l’équipe de Straight Jacket Winter en tournée

Esther Duquette & Gilles Poulin-Denis. Photo: Emily Cooper

 

Straight Jacket Winter reprend le chemin des salles cet hiver, direction Montréal, Caraquet et Moncton. À moins d’une semaine de la première représentaton au Théâtre la Licorne (Montréal), nous prenons des nouvelles de l’équipe en pleines répétitions. Esther Duquette, co-auteur, co-metteur en scène et interprète répond à nos questions entre deux séances de travail.

1- Comment l’équipe se prépare-t-elle pour ce retour sur scène, après un an de pause?

Toute l’équipe vient tout juste de se retrouver à Montréal pour remettre le spectacle en état de marche! Nous aurons une semaine de répétitions, puis ce sera l’entrée en salle à la Licorne. Les premiers jours, tout le monde cherche un peu ses repères. Puis rapidement, on réapprend notre texte et on retrouve nos habitudes. La plupart de l’information est emmagasinée quelque part dans nos cerveaux. Il suffit de la retrouver! Nous sommes chanceux de pouvoir compter sur la distribution originale (Frédéric Lemay et Julie Trépanier), ça accélère vraiment le processus.
Chaque tournée est aussi l’occasion de peaufiner la mise en scène et le texte. Parce que Gilles et moi jouons nos propres rôles et que nos vies continuent d’évoluer, il est important pour nous de réactualiser nos propos. C’est une question d’authenticité et de sincérité. Nous adaptons aussi certains éléments en fonction du public, ça aide à créer une complicité avec lui.

2- C’est la première fois qu’une production de la Seizième sera présentée à Montréal. Qu’est-ce que cela représente?

Montréal est sans doute l’épicentre de la création théâtrale francophone au Canada. C’est là que se crée la majorité des spectacles et le bassin d’artistes de théâtre y est imposant. Jouer à Montréal, c’est l’occasion de faire voir notre travail à nos pairs et d’entrer en dialogue autrement avec eux. Le public montréalais a la réputation d’être exigeant. Il a l’occasion de voir un grand nombre de spectacles chaque saison. Nous sommes un peu nerveux d’aller à sa rencontre, mais nous avons confiance en Straight Jacket Winter. Nous avons eu la chance de jouer le spectacle plus d’une trentaine de fois à travers le pays, et chaque fois, il a su toucher les spectateurs et engager une conversation sur l’isolement et la condition d’expatrié.

3- Les représentations de Straight Jacket Winter à Montréal affichent complet depuis plusieurs semaines, malgré l’ajout de deux supplémentaires. Ça doit vous faire un petit velours?

Oui, c’est sûr que ça nous fait plaisir d’aller jouer dans de belles salles combles! Nos tournées précédentes ont fait parler et le mot semble s’être rendu jusqu’à Montréal. Je pense que les liens que nous tissons avec L’hiver de force de Réjean Ducharme dans le spectacle ont probablement aidé à susciter l’intérêt. Il y a une fascination montréalaise pour cet auteur inclassable, qui nous a quitté il y a peu de temps. Il faut aussi dire que la Licorne (résidence du Théâtre de la Manufacture) est un diffuseur qui jouit d’une formidable réputation. Leurs spectacles sont très courus! Inutile de dire que nous sommes très excités…

4- Vous ferez ensuite un saut à l’autre bout du pays (littéralement), au Nouveau-Brunswick. Comment cette tournée s’est-elle organisée?

Il y a plus de deux ans, nous avons présenté un chantier de Straight Jacket Winter aux Zones théâtrales à Ottawa. Maurice Arsenault, le directeur artistique du Théâtre populaire d’Acadie à Caraquet, était dans la salle. Il a beaucoup aimé le spectacle et a voulu le présenter, bien qu’il n’approuvait pas notre titre anglais (rires)! Marcia Babineau, la directrice artistique de l’Escaouette, à Moncton, s’est ensuite jointe à l’aventure, ce qui nous a permis de construire une jolie tournée dans l’Est du pays. Ces deux théâtres ont la réputation d’offrir un accueil sans pareil aux artistes et on a très hâte d’aller leur rendre visite!