Petite Ondine: 4 questions à Anaïs Pellin

Vous souvenez-vous de la terrifiante « Befana »? Cette sorcière empruntée au folklore italien était au coeur de la pièce écrite par Anaïs Pellin pour notre jeune public en 2024. Cette saison, c’est un autre conte qui jaillit de l’imagination débordante de l’autrice: « Petite Ondine », une réécriture joyeuse et féministe de La Petite Sirène, à découvrir en famille le samedi 11 avril! Rencontre avec Anaïs Pellin, à quelques jours de la première.

Pourquoi avoir choisi de revisiter le conte de « La Petite Sirène » ?

Anaïs Pellin: « La Petite Sirène » est un conte qui me fascine depuis mon enfance, lorsque j’ai découvert la version d’Andersen qui ne se termine pas par un happy-end amoureux, mais par une quête d’absolu. La version originale de cette histoire nous parle d’une enfant mélancolique, en marge de son monde. C’est un thème qui m’interpelle beaucoup.

Il y a une certaine révolte dans le personnage de la Petite Sirène, une envie de s’émanciper, de s’extraire de son milieu. Je trouvais ce sujet important à mettre en scène pour notre jeune public francophone et francophile de la Colombie-Britannique, qui vient souvent de familles immigrées ou ayant changé de province.

 

Plusieurs procédés différents utilisés dans la création de ce spectacle de théâtre d’objets: écriture de plateau en collaboration avec les interprètes, utilisation de la vidéo, chant a capella. Quel est l’apport de ce  médias-là ?

A. P. : En théâtre d’objet, on utilise beaucoup l’écriture de plateau et l’improvisation, puisque les images créées avec les objets permettent de raconter sans utiliser les mots. On doit donc trouver le bon apport entre ce qui est dit, et ce qui est montré à l’aide de l’objet, quelle métaphore cet objet représente. Pour l’univers du conte, très imagé, ce procédé narratif est parfait. Cela faisait longtemps que je voulais explorer la vidéo en théâtre d’objet, depuis un laboratoire auquel j’ai participé avec la Pire Espèce, et où j’ai rencontré Chloe Ziner de la compagnie Mind of A Snail, qui travaille sur le spectacle en tant que consultant·e vidéo et marionnettes d’ombres. Dans Petite Ondine, l’utilisation de la caméra nous permet de plonger dans l’intimité du personnage principal, Petite Ondine, et de Petit Prince. L’écran nous permet aussi d’atteindre un plus grand public : en tournée dans les écoles, nous jouons parfois pour plus de 350 élèves, dans des gymnases ou des salles de spectacle spacieuses. Tout ce qui se passe sur la table avec les objets miniatures gagne donc en visibilité avec la vidéo. Les jeux d’ombre, quant à eux, soulignent le côté magique et féerique de l’histoire.

 

L’œuvre de Nina Simone accompagne la pièce… Peux-tu nous en dire un mot ?

A. P. : Lors de laboratoires d’exploration autour du spectacle avec Ghislaine Doté, qui joue Petite Ondine, et Chloe Ziner, nous avons beaucoup cherché l’univers musical du spectacle. Un jour, Ghislaine s’est mise à chanter une chanson de Nina Simone. Ce fut tout de suite une évidence pour nous : il fallait que les mélodies de Nina Simone fassent partie de notre univers et se retrouvent dans le spectacle, car elles soulignent parfaitement la mélancolie que ressent le personnage de Petite Ondine et la révolte interne qui l’habite.

 

Tes pièces tournent souvent autour d’un récit initiatique, d’un moment charnière sur le fait de grandir. Ce thème était déjà présent dans La Befana, mais aussi dans Clémentine. Est-ce un sujet qui te parle particulièrement ?

A. P. : C’est une excellente observation, je ne l’avais jamais réalisé! Étant maintenant moi-même jeune maman, regarder mon fils grandir et prendre conscience de ses capacités me fascine. Voir un enfant prendre peu à peu son indépendance et construire son propre univers avec ses amis et sa famille “choisie” est merveilleux. Je pense qu’il est important de raconter aux enfants des histoires qui parlent de ces sujets, car quitter le nid familial peut faire peur, que ce soit pour aller à la garderie, partir en camps, aller à l’école et plus tard l’université, et prendre son indépendance… mais c’est aussi très excitant.

 

Photos: Gaëtan Nerincx

 

Petite Ondine sera présenté le samedi 11 avril à 11h et 16h au Studio 16. La pièce sera en tournée dans les écoles élémentaires de Colombie-Britannique et d’Alberta du 7 avril au 12 juin 2026. Informations et billets sur la page du spectacle.

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