Liste des enfants dévorés par les loups: 4 questions à Gabrielle Morin et Siona Gareau-Brennan

Siona Gareau-Brennan et Gabrielle Morin interprètent les protagonistes de Liste des enfants dévorés par les loups: Blanche et Charlène, deux amies d’enfance que la vie a éloignées. La première est maman, l’autre terrifiée par la maternité. Entrevue complice à quelques jours de la première.

Parlez-nous de ce texte si particulier écrit par Caroline Bélisle…

Gabrielle Morin : Le langage de Liste des enfants dévorés par les loups est particulier. C’est un texte truffé d’images, de métaphores, de comparaisons surprenantes. Blanche et Charlène, dans leur incommunicabilité, trouvent des tactiques pour exprimer ce qu’elles veulent dire, de façon désarçonnante. Certains traits d’humour ne sont pas nécessairement évidents à percevoir. Plus on répète, on trouve des poches de lumière dans le texte, de la clarification. Ce texte, c’est l’inverse d’une interprétation ouverte ; on part plutôt du sens le plus éloigné qu’on donne à un mot ou une scène, pour le ramener à « qu’est-ce qu’elle est train d’essayer de communiquer avec cette logorrhée ? ».

Siona Gareau-Brennan : Dans l’écriture de Caroline, il y a un ton poétique qu’on retrouve dans la façon dont les deux personnages choisissent leurs mots, expliquent leurs ressentis. Ça m’inspire beaucoup.

 

Qu’est-ce qui vous inspire le plus chez Blanche et Charlène, vos rôles respectifs ?

S. G.-B. : Blanche est une nouvelle maman et sa vision de la maternité, sa philosophie de ce qu’est être une mère, viennent me chercher, parce que j’en suis une. Ça me fait réfléchir à la façon dont la société voit les femmes, ce qu’on attend d’elles et des mères. On a beaucoup parlé entre nous de Blanche et Charlène, de leurs valeurs et croyances qui sont chargées, ce sont deux personnages forts. C’est très beau de les voir vivre des moments de choc, de surprise, de laideur, de vulnérabilité… On voit beaucoup de couleurs chez ces deux femmes-là. C’est très excitant de jouer ça avec Gabrielle !

G. M. : Ce qui m’inspire chez Charlène – et dans l’écriture de Caroline en général –, ce sont les personnages féminins qui font place à leurs contradictions. C’est très libérateur. Il y a quelque chose de très profond à laisser de la place à ces femmes-là, à les autoriser à ne pas savoir qui elles veulent être, même si elles ont une idée de ce qu’elles devraient être parce qu’elles sont confrontées à ce que la société ou leurs relations véhiculent de contradictoire. Par exemple, Blanche se pose beaucoup de questions parce qu’elle est dans une phase d’anxiété, mais dans les faits, c’est une excellente maman.

 

Qu’avez-vous appris l’une sur l’autre durant la création du spectacle ?

S. G.-B : Ce qui vient me chercher beaucoup chez Gabrielle, c’est à quel point je me sens à l’aise d’essayer de nouvelles choses, de creuser le jeu ensemble. Ça nous permet de pousser nos limites, d’étirer les scènes… On a la permission de se laisser aller. Savoir que ma partenaire de scène sera toujours là pour moi, c’est vraiment un cadeau.

G. M. : Ça me fait plaisir ! Je commence à te connaitre davantage, et j’ai apprécié découvrir ton humour. C’est un côté de toi que je n’avais pas encore beaucoup vu. C’est le fun de découvrir ton côté un peu weird, ta tendance à faire des blagues, qui te rendent encore plus attachante.

S. G.-B : Je suis contente d’entendre ça ! C’est une pièce assez intense, mais on a du plaisir à se faire rire à travers certaines scènes plus chargées.

G. M. : Caroline est d’une ouverture incroyable. Je me sens à l’aise dans cette salle de répétitions. On laisse de la place à ce qu’on vit. On a le temps d’avoir les conversations qu’on a envie de provoquer, de partager nos réflexions. C’est un cadeau en tant qu’interprète de pouvoir se pencher sur des questions aussi féminines.

 

Si vous deviez convaincre le public de venir voir Liste des enfants dévorés par les loups, que lui diriez-vous ?

G. M. : C’est une première mondiale ! Liste des enfants dévorés par les loups a été écrit par Caroline Bélisle spécialement pour le Théâtre la Seizième, et c’est présenté pour la première fois ici, à Vancouver. Il ne faut pas manquer ça ! Mais aussi, vous verrez qu’il y a quelque chose de très spécial qui se passe dans ce spectacle. C’est très intime et universel. Ce texte met en lumière tous les questionnements dont on ne parle pas, y compris entre femmes. Le théâtre est incroyable pour démystifier et réfléchir à ces questions-là.

S. G.-B : Je pense que le public va sortir transformé de la salle de spectacle. On remet en question la façon dont on perçoit le monde autour de nous dans Liste des enfants dévorés par les loups. Ça parle de maternité, mais aussi énormément d’amitié. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu une pièce centrée sur l’amitié entre femmes, l’amour qu’elles ont les unes pour les autres. On ne le voit pas très souvent au théâtre, au contraire de l’amour romantique ou filial.

G. M. : Il y aura aussi des choix de mise en scène audacieux par Cory Haas, comme un réalisme magique. Le Studio 16 va être transformé.

 

Photos: Chelsey Stuyt

 

Siona et Gabrielle étaient sur les ondes de Radio-Victoria ce vendredi 27 février pour évoquer leurs rôles et leur travail sur la pièce: réécoutez l’entrevue ici! Liste des enfants dévorés par les loups est présenté du 4 au 14 mars à 19h30, au Studio 16. Les représentations sont en français et surtitrées en anglais. Informations et billetterie sur la page du spectacle

604 736-2616
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226-1555, 7e Avenue Ouest
Vancouver, C.-B. V6J 1S1

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